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Galiléa affirme sa volonté de s’ouvrir encore un peu plus au monde du digital ! Le 12 septembre, j’ai eu le plaisir de me rendre à la Cité de l’Objet Connecté pour assister au TechDay : « Entrepreneurs : entre rêve et réalité, où et comment placer la carte RH ? ».

Armelle Le Pennec-Panagos et Amandine Diers y ont invité des startupers, entrepreneurs et acteurs RH à réfléchir autour des enjeux RH pour les entrepreneurs. Aujourd’hui, j’ai la chance d’interviewer Armelle pour recueillir son retour d’expérience !

 

Armelle, pour reprendre la dernière question que tu as posée aux participants mardi dernier, quel est le mot qui caractérise ton ressenti en te remémorant cette rencontre ?

Curiosité… beaucoup de curiosité !

 

Tu as animé cette rencontre avec Amandine Diers, juriste pour le cabinet Lexcap à Angers. Comment vous est venue l’envie de partager autour de l’entrepreneuriat ?

J’échange avec plusieurs personnes à la Cité depuis 2 ans sur « Comment concilier le management des hommes et l’hyper accélération du monde connecté ». L’entrepreneuriat est fortement « percuté » par cet enjeu :  en y réfléchissant avec Emmanuelle Leclerc, Directrice Marketing et Communication de la Cité, nous nous sommes dit qu’il y avait besoin d’un écho sur le plan juridique, car c’est entre autre cela qui freine les accélérations.

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Alors d’après toi, c’est principalement le volet juridique qui freine le développement des entreprises ?

Pour les entrepreneurs oui. Ils ont souvent l’impression d’être au pied du mur lorsqu’ils se retrouvent confrontés à des difficultés qu’ils n’avaient pas anticipées. Il s’agit souvent de difficultés liées au recrutement, au temps de travail, à la gestion des problématiques individuelles ou encore à l’exercice du pouvoir disciplinaire…

 

Pourquoi avoir organisé cette rencontre à la Cité de l’Objet Connecté ?

La Cité de l’Objet Connecté est un incubateur de start ups et de sociétés technologiques. Elle se présente comme une fusée à trois étages qui concentre dans un même lieu l’ensemble des équipements et des compétences nécessaires au développement et à la mise sur le marché d’objet intelligents, en temps records. Pour moi, c’est un lieu intéressant car il fourmille d’idées, d’énergie, de moyens techniques et humains. C’est vraiment un univers de possibles pour entreprendre ! Mais certains entrepreneurs ne savent pas toujours comment attraper le sujet RH, ou tout simplement sont happés par d’autres problématiques tout aussi cruciales, les développements techniques, le financement, le marketing de leur offre…

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Quel est le rôle de cabinets de conseil RH et de conseil juridique, comme Galiléa et Lexcap, auprès des entrepreneurs ?

Chez Galiléa, pour exemple, nous accompagnons les collèges d’associés, nous aidons à la décision dans le cadre de recrutements clés et nous boostons la cohésion d’équipe dans les jeunes pousses. Notre cabinet est très centré sur la connaissance de soi. Cela aide les entrepreneurs à « soulever leur capot » de manière méthodique et structurée, pour être plus performants en tant que managers.

Lexcap est un cabinet d’avocats qui accompagne les entrepreneurs et RH dans toutes les démarches administratives et juridiques. Ce conseil juridique est d’autant plus important lorsqu’il peut se livrer en amont et non pas lorsque l’entreprise se retrouve face aux difficultés, car cela sera souvent plus coûteux et plus démotivant pour tous ! 

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Amandine et toi avez comparé l’entrepreneur à une voiture de course qui veut filer au plus vite sur une route semée d’obstacles RH et sur laquelle il peut rapidement perdre « des points »… Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux « bolides » qui veulent garder leurs 12 points ?

Alors, premièrement, d’ouvrir leur capot pour checker les 10 points de contrôles : compréhension de ses moteurs internes, de ses équilibres fondamentaux sur le plan des comportements au travail : équilibre affirmation / écoute, dosage combativité / rigueur / dynamisme intellectuel, pour n’en citer que deux !

Les douze points se conservent (ou se perdent, à chacun de décider), sur les grands volets RH : l’appel à candidat, l’embauche, le contrat de travail, l’intégration, la formation, l’articulation vie pro/ vie privée, le pouvoir disciplinaire, le règlement intérieur, le temps de travail, le salaire.

Sur le recrutement par exemple, c’est certes enthousiasmant d’avoir à embaucher, mais c’est aussi complexe, donc facile  de se tromper. Nous sommes dans l’humain ; donc sans chercher une maîtrise totale, il faut à minima des techniques d’entretien et des points d’attention pour que cela se passe bien à l’allumage !

 

Les contraintes RH et juridiques sont souvent perçues comme des freins par les entrepreneurs promouvants. Pourtant, un entrepreneur qui a mal identifié les atouts et les faiblesses de son profil comportemental risque surtout d’être freiné par ses propres limites… Quelles sont les principales compétences entrepreneuriales que tu cherches à repérer au cours de tes accompagnements ?

Nous travaillons à deux et à l’aide d’indicateurs comportementaux, pour évaluer la capacité à communiquer, la capacité à décider et la capacité à piloter l’opérationnel avec agilité, entre autres dimensions « scannées » avec les entrepreneurs.

Je cherche également à sonder l’énergie des créateurs, avec ou face à celle de leurs interlocuteurs ; la manière de faire en solo et avec l’autre ; enfin, nous sondons précisément les valeurs fondamentales, d’où découlent souvent les aversions d’ailleurs !

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Tu as accompagné plusieurs chefs d’entreprise pendant la conception de leur projet. Durant cette phase, comment fais-tu pour les ramener à la réalité, sans brider leur moteur d’innovateur ?

Je pense que je bride un peu, malheureusement ! C’est-à-dire que je les projette sur du quotidien et du concret et qui dit concret, dit obstacles… Par exemple, « Demain, un salarié vous demande une récup pendant un pic de charge : que dites-vous ? Que faites-vous ? ». Mais les emmener sur du pragmatique ne m’empêche pas de le faire avec du fun !

Nous faisons aussi un retour sur leur passé (ou non) d’innovateur. Je les dirige systématiquement vers des structures et des contacts réseau qui pourront les conseiller avec un discours pragmatique et de vérité.

 

Tu as évoqué à plusieurs reprises le terme « intrapreneuriat »… c’est un concept que j’entends de plus en plus chez nos clients… Cela veut-il dire qu’un potentiel d’entrepreneur se cache en chacun de nous ?

Je ne sais pas s’il se cache en chacun de nous, mais j’aimerais bien ! A priori, cela génèrerait une belle  énergie pour tout le monde, mais ça ne doit pas être un diktat pour autant. Dans les entreprises, chez tous ceux qui sont engagés et qui veulent déployer leurs talents, il y a de l’intrapreneuriat disponible. Si on observe et écoute un peu mieux, il y a forcément moyen de transformer cette force disponible. Il ne faut pas tuer ou brider cette énergie-là dans les entreprises. Même si on ne peut pas tout mettre en œuvre, on peut à minima accueillir les idées. Un intrapreneur qu’on écoute et qui a la chance de mettre quelque chose en œuvre va fédérer beaucoup de petits intrapreneurs autour de lui par contagion positive ! Mais aujourd’hui, dans les petites et grandes entreprises de tous secteurs d’activité, on ne sait pas toujours quoi faire de cette énergie-là et beaucoup de managers ne savent pas comment la démultiplier. 

 

Comment expliques-tu que cette énergie ne soit pas toujours valorisée dans les entreprises ? De quoi a-t-on peur ?

Il y a, bien sûr, l’excuse universelle du manque de temps, mais aussi la peur de la concurrence interne… Je rencontre beaucoup de managers qui ne s’avouent pas être un peu malmenés par la force motrice de certains collaborateurs ou collègues. C’est souvent une énergie bousculante pour les organisations de travail. Elle alimente également la peur de la déperdition car, pour une idée testée, il y en aura « 10 de perdues ». Tout le monde ne pose pas cette équation comme un gage de succès, comme chez Google !

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Pour terminer, en quoi la création et l’animation de cet événement ont contribué au développement de ton esprit entrepreneuse ? (Je pars du principe que tu es entrepreneuse, évidemment !)

(Rires) Je vais faire comme si, pour mieux te répondre ! Et bien, déjà, nous avons mené à bien ce projet, suite à des discussions que nous tenons depuis un moment avec la Cité. Cet événement est venu d’insérer dans une rentrée dense, mais Amandine et moi avons réussi à y consacrer du temps. C’est de la charge en plus, mais une charge positive ! Les échanges avec Amandine ont consolidé ma clairvoyance sur le volet juridique et nous devons toujours être vigilants et apprendre sur ce plan. J’ai beaucoup aimé l’accueil de la Cité : ils nous ont donné les moyens et symboliquement, je trouve que ça a du sens. Mais aussi parce que mon Kahoot! a bien marché ! Mon collègue et associé Majid Chajia nous avait en effet présenté cette application en réunion d’équipe Galiléa. Ma tentation première était de faire sans, mais nous avons la volonté d’insuffler du numérique dans nos pratiques de formation et d’accompagnement.  Le Tech Day a été une belle occasion de confronter nos points de vue faire avec d’autres personnes et notamment des DRH, RRH… L’entrepreneur lui aussi doit rencontrer des avis contraires, pour ne pas tomber dans le syndrome de la toute-puissance ; c’est pourquoi je prône de sortir et d’échanger sur nos métiers croisés.

 

Et bien merci Armelle pour avoir accepté cette interview. Pour ma part j’ai beaucoup apprécié le Tech Day pour la richesse des contenus et des échanges avec les participants, ainsi que pour la dynamique conviviale que vous avez su créer ! Un dernier mot ?

Merci de m’avoir invitée pour cette interview et surtout, merci à la Cité et à Emmanuelle de continuer à se mobiliser pour ces rencontres.

 

Marjorie Margoux

* Kahoot! est une application sociale qui permet de générer des QCM interactifs et de partager les réponses d’un groupe en direct.